pstn
Par L'équipe FaxTelecom

Fin du cuivre : plan de migration du fax pour les organisations

Quand Proximus annonce la coupure du cuivre à une adresse, le fax d'une entreprise ne se résume pas à un appareil. Une méthode en six temps : inventaire, transport, architecture cible, multi-sites, continuité et check-list IT.

Réponse courte : pour une organisation, la fin du cuivre ne concerne pas « le fax », mais tout un parc : des appareils, des numéros, des ports sur l'autocommutateur, parfois un serveur de fax et des logiciels métiers qui faxent en arrière-plan. En Belgique, Proximus coupe le cuivre zone par zone là où sa fibre est disponible et prévient ses clients environ un an à l'avance. C'est assez pour mener un vrai projet : inventorier, choisir entre T.38 et G.711, fixer l'architecture cible, coordonner les sites, organiser la continuité, tester. Pour l'émission occasionnelle, un service web comme FaxTelecom sort une partie du parc de l'équation.

FaxTelecom envoie des fax depuis un navigateur vers des lignes fixes de sept pays : Belgique, France, Allemagne, Espagne, Italie, Portugal et Canada. Le service n'attribue pas de numéro et ne reçoit pas de fax : il couvre l'émission, pas la réception. Les informations sur les opérateurs reprennent leurs communications publiques ; vérifiez la date prévue pour chacune de vos adresses directement auprès d'eux.

Pourquoi le fax mérite un chantier à part

Proximus remplace progressivement son réseau cuivre par la fibre. Selon l'IBPT, les premières coupures ont eu lieu fin 2022 à Bruxelles ; depuis, d'autres zones suivent. D'après l'opérateur, le client reçoit un premier avis environ un an avant la coupure, puis un rappel trois semaines avant. Le jour venu, tout ce qui dépend encore du cuivre est déconnecté : téléphonie, internet, mais aussi alarmes et lignes techniques. Proximus précise qu'il n'existe pas de tableau public commune par commune : la date se découvre adresse par adresse.

Pour une entreprise, un hôpital ou une administration communale, deux conséquences en découlent. D'abord, des implantations différentes basculeront à des dates différentes. Ensuite, le fax supporte mal la voix sur IP : c'est un dialogue entre modems (protocole T.30) que la compression audio et les pertes de paquets suffisent à faire échouer. Notre page arrêt du cuivre et fax explique le mécanisme, et le principe de la télécopie détaille la négociation entre appareils.

Étape 1 : dresser l'inventaire

On ne migre bien que ce que l'on a recensé. Parcourez les locaux, les plans de câblage et la configuration de l'autocommutateur, et notez pour chaque élément s'il sert à émettre, à recevoir, ou aux deux. Cette distinction oriente toute la suite.

À recenserÀ noterPiège fréquent
Télécopieurs autonomesModèle, emplacement, numéro, volume mensuelAppareil oublié dans un local technique ou une salle de garde
Multifonctions avec module faxVersion du firmware, vitesse maximale, mode ECMModule actif dont le numéro figure encore sur les courriers
Numéros de faxOpérateur, type de ligne, supports où le numéro est publiéNuméro résilié mais toujours imprimé sur l'en-tête
Ports analogiques (FXS) de l'autocommutateurQuel appareil derrière quel portPort partagé avec un transmetteur d'alarme
Serveur de faxLogiciel, cartes modem ou RNIS, lien avec la messagerieCarte matérielle sans équivalent sur IP
Applications qui faxentERP, logiciel de pharmacie, de laboratoire, de transportEnvoi automatique dont personne ne connaît le chemin
Autres équipements sur cuivreAlarmes, ascenseurs, terminaux de paiement, télésurveillanceLigne d'ascenseur qui dépend du même câble

Relevez aussi les correspondants qui vous faxent régulièrement : ce sont eux qu'il faudra prévenir si un numéro change.

Étape 2 : choisir le transport, T.38 ou G.711

Sur IP, deux méthodes permettent de faire passer une télécopie. Le choix dépend de votre opérateur SIP autant que de votre matériel.

CritèreG.711 en « passthrough »T.38
PrincipeLe son du modem est transporté sans compression, à 64 kbit/sL'équipement démodule le fax et envoie les données dans des paquets dédiés (UDPTL)
Tolérance aux pertesFaible : une courte rafale de pertes fait échouer la pageMeilleure, grâce aux paquets redondants
PrérequisDésactiver détection de silence et compression ; tampon de gigue fixePrise en charge sur tout le trajet : ATA ou passerelle, IPBX, opérateur
Cas d'usageRéseau local maîtrisé, opérateur sans T.38Liaisons longues, plusieurs sites, serveur de fax sur trunk SIP

Dans les deux cas, limitez la vitesse des appareils à 14 400 bit/s (V.17) et évitez le mode V.34, mal toléré sur IP. Testez le mode de correction d'erreurs (ECM) activé puis désactivé : selon la chaîne d'équipements, l'un ou l'autre donne de meilleurs résultats. Le lexique de la télécopie définit ces termes.

Étape 3 : fixer l'architecture cible

Il n'existe pas de solution unique. La plupart des organisations combinent deux ou trois briques :

  • Un adaptateur ATA par appareil. Il relie un télécopieur existant à une ligne SIP. Économique pour quelques postes, à condition de choisir un modèle compatible T.38 et de le configurer de manière identique partout.
  • La passerelle de l'IPBX ou du SBC. Les ports analogiques restants passent par l'autocommutateur IP, qui gère le T.38 vers l'opérateur. Un seul point de configuration, mais une dépendance forte à cet équipement.
  • Un serveur de fax sur trunk SIP. Il remplace les cartes modem ou RNIS, reçoit dans les boîtes e-mail et envoie depuis l'ERP. C'est la voie des gros volumes et des flux automatisés.
  • Un fax hébergé (fax vers e-mail). Le numéro est porté chez un prestataire ; la coupure du cuivre ne le concerne plus. Adapté aux numéros de réception publiés depuis longtemps : voyez nos pistes pour recevoir des fax.
  • Un service web d'émission. Pour les envois ponctuels depuis n'importe quel poste, FaxTelecom suffit : un PDF jusqu'à 100 Mo, sans compte ni logiciel. Tarif : 0 € pour un document d'une page, un forfait de 3,99 € TTC dès la deuxième (même pour 40 pages), et 2,99 € TTC si vous ajoutez les accusés PDF.

Avant de trancher, comptez combien de numéros servent réellement à recevoir. Souvent, un seul numéro de réception centralisé et un outil d'émission partagé remplacent une dizaine d'appareils.

Étape 4 : coordonner plusieurs sites

Avec plusieurs implantations, le calendrier de coupure devient le premier risque. Quelques règles évitent les mauvaises surprises :

  • tenir un tableau par adresse, mis à jour à chaque avis de l'opérateur ;
  • standardiser un modèle d'ATA et un fichier de configuration, pour que chaque site se comporte de la même façon ;
  • centraliser la réception sur un serveur ou un numéro hébergé, et demander la portabilité des numéros existants au nouveau fournisseur plutôt que d'en changer ;
  • prévoir un site pilote qui bascule en premier et sert de référence ;
  • se méfier des accès de secours en 4G ou 5G, sur lesquels le fax reste aléatoire.

Étape 5 : organiser la continuité

Le cuivre avait un avantage discret : la ligne était alimentée depuis le central. Sur fibre, le boîtier optique, le routeur et l'ATA ont besoin de courant sur place. Un onduleur dimensionné pour ces équipements évite qu'une coupure électrique emporte aussi le fax.

Rédigez une procédure de repli courte : qui fait quoi si un envoi urgent échoue, quel canal utiliser (service web d'émission, canal électronique du destinataire), qui prévient les correspondants. Surveillez ensuite le taux d'échec dans les journaux du serveur ou des adaptateurs : une hausse soudaine signale souvent un changement de réglage chez l'opérateur. Pour la valeur des rapports d'envoi, voyez notre article sur la preuve de transmission d'un fax. Côté données sensibles, la sécurité des télécopies rappelle ce que le protocole protège et ce qu'il ne protège pas.

Calendrier type

MomentActions
Premier avis (environ un an avant)Inventaire, choix de l'architecture, budget
Six mois avantCommande du matériel, demande de portabilité, site pilote
Trois mois avantConfiguration standard déployée, information des équipes
Rappel (trois semaines avant)Tests finaux, message aux correspondants réguliers
Jour de la basculeContrôle de chaque poste, envoi test de plusieurs pages
Un mois aprèsRelevé des échecs, ajustements, retrait de l'ancien matériel

Check-list IT

  • Inventaire complet des appareils, numéros, ports FXS, serveurs et applications qui faxent.
  • Pour chaque numéro : émission, réception, ou les deux.
  • Confirmation écrite de l'opérateur SIP sur le T.38, ou à défaut sur le G.711 sans compression.
  • Vitesse plafonnée à 14 400 bit/s, mode ECM testé dans les deux positions.
  • Modèle d'ATA et configuration standardisés pour tous les sites.
  • Portabilité des numéros demandée avant la date de coupure.
  • Onduleur pour le boîtier fibre, le routeur et les adaptateurs.
  • Procédure de repli écrite et canal d'émission de secours prêt.
  • Trois envois tests par site, dont un document de plusieurs pages (bien préparer le PDF aide).
  • Correspondants réguliers informés de tout changement de numéro.

En résumé

La coupure du cuivre se gère comme une migration d'infrastructure : un inventaire, un choix de transport, une architecture, un calendrier par site et un plan de repli. Les numéros de réception méritent un traitement soigné, souvent un hébergement ou un serveur sur trunk SIP. L'émission occasionnelle, elle, n'a plus besoin de matériel : un navigateur et un PDF suffisent. La liste des pays joignables figure sur la page destinations.

Thèmespstnvoipdestinations

Tous les articles

Sur le même thème