Fax et données de santé

Ce qu’il faut vérifier avant de télécopier un document médical en Belgique, et quand préférer un canal sécurisé.

En Belgique, télécopier un document médical reste possible, mais les données de santé forment une catégorie protégée par l’article 9 du RGPD. Entre prestataires de soins, l’eHealthBox est la voie prévue. Le fax se justifie quand le destinataire n’a pas d’autre canal : vérifiez alors le numéro, limitez le contenu et prévenez la personne qui recevra les pages.

L’essentiel en quatre points

  • Les informations médicales relèvent des « catégories particulières » de données : leur envoi demande des mesures de sécurité à la hauteur du risque.

  • Entre médecins, hôpitaux, pharmacies et mutualités, la plateforme eHealth et sa boîte sécurisée eHealthBox remplacent avantageusement la télécopie.

  • Une télécopie mal adressée s’imprime en clair chez un inconnu : le contrôle du numéro est la précaution qui pèse le plus.

  • FaxTelecom chiffre le transfert de votre PDF jusqu’à ses serveurs et l’efface après l’envoi, mais la ligne téléphonique finale n’est pas chiffrée.

Où la télécopie subsiste dans les soins belges

Le télécopieur n’a pas quitté tous les cabinets et services hospitaliers. On le croise encore pour une demande de rendez-vous en imagerie, un rapport adressé à un kinésithérapeute peu informatisé, une attestation destinée à un service hospitalier qui n’affiche qu’un numéro de fax, ou une pièce qu’un patient doit faire parvenir lui-même.

Le patient est d’ailleurs souvent l’expéditeur. Il n’a pas accès à l’eHealthBox, réservée aux prestataires et institutions de soins identifiés, et le fax lui ouvre une voie directe vers un secrétariat. Il choisit alors de communiquer ses propres données ; sa vigilance porte surtout sur l’exactitude du numéro.

Chez les professionnels, l’usage recule avec l’intégration des logiciels médicaux à la plateforme eHealth ; il reste un recours en cas de panne ou face à un correspondant non raccordé.

Ce que demandent les textes

Le RGPD pose une interdiction de principe pour les données de santé (article 9), puis l’assortit d’exceptions dans plusieurs cas, dont le diagnostic et la prise en charge par un professionnel tenu au secret. En Belgique, la loi du 30 juillet 2018 relative à la protection des personnes physiques à l’égard des traitements de données à caractère personnel complète ce régime, et le secret professionnel de l’article 458 du Code pénal continue de lier les soignants.

Aucun de ces textes ne vise nommément le fax. Ils imposent en revanche des mesures techniques et organisationnelles adaptées au risque (article 32 du RGPD). Pour un document qui révèle un diagnostic, un traitement ou une hospitalisation, ce risque est élevé : un canal non chiffré, dont on ne maîtrise pas l’arrivée, ne se défend que pour des envois occasionnels entourés de précautions.

L’Autorité de protection des données (APD) publie ses recommandations sur son site officiel ; votre ordre et le portail de la plateforme eHealth complètent ces consignes.

Fax ou canal sécurisé : ce que chaque voie protège

Ce tableau décrit le fonctionnement de chaque canal. Il ne les classe pas sur le plan juridique : le choix dépend du contenu, du destinataire et des consignes de votre ordre.

Comparaison des canaux d’envoi de données de santé en Belgique
CanalCe qui est protégéPoint faibleUsage raisonnable
eHealthBox (plateforme eHealth)Messages chiffrés, expéditeur et destinataire authentifiésRéservée aux prestataires et institutions de soins enregistrésÉchanges courants entre professionnels de la santé
Réseaux de santé régionaux (Réseau Santé Wallon, Réseau Santé Bruxellois)Accès aux documents selon le consentement du patient et la relation thérapeutiquePas conçus pour adresser une pièce isolée à n’importe quel correspondantConsultation des rapports et résultats par les soignants du patient
Télécopieur classiqueRien sur la ligne : seul le choix du numéro protègePages imprimées à l’arrivée, visibles de toute personne présenteDépannage, destinataire prévenu, contenu réduit
Fax en ligne (FaxTelecom)Transfert HTTPS jusqu’aux serveurs, fichier supprimé après l’envoiMême tronçon téléphonique non chiffré qu’un fax classiqueEnvoi occasionnel sans télécopieur, par un patient ou un cabinet

Cinq précautions avant d’envoyer un document médical

Contrôler le numéro. Reprenez-le dans un document émis récemment par le destinataire lui-même ou faites-le confirmer par téléphone. Un numéro relevé sur une télécopie reçue il y a plusieurs années a pu changer de titulaire, et un seul chiffre inversé suffit à livrer un rapport à un tiers.

Demander où se trouve l’appareil. Une machine posée à l’accueil d’une polyclinique n’offre pas la discrétion d’un télécopieur installé dans le bureau du médecin. Si l’emplacement est exposé, convenez d’un moment d’envoi pour que quelqu’un retire les pages aussitôt.

Signaler la confidentialité dès la première page. Le bordereau indique à qui s’adressent les pages, combien il y en a et quel numéro appeler en retour, avec une mention demandant de prévenir l’expéditeur et de détruire tout document reçu par erreur. Il ne contient lui-même aucune information médicale.

Envoyer le strict nécessaire. La page utile d’un protocole plutôt que le dossier complet ; ni numéro de registre national entier, ni antécédents sans rapport, ni données concernant d’autres membres de la famille.

Confirmer la réception. Un appel ou un message après l’envoi vous assure que les pages sont arrivées entre les bonnes mains, et vous alerte rapidement dans le cas contraire.

Le rôle de FaxTelecom, et ses limites

FaxTelecom envoie un PDF depuis un navigateur vers un numéro fixe en Belgique ou dans six autres pays, sans création de compte. Le fichier voyage en HTTPS jusqu’à nos serveurs, ne sert qu’à la transmission, puis est supprimé automatiquement. Aucune publicité n’est ajoutée aux pages.

Entre nos serveurs et le télécopieur du destinataire, le document emprunte le réseau téléphonique, comme n’importe quelle télécopie. Ce dernier tronçon n’est pas chiffré : c’est une limite du protocole fax, non un réglage que nous pourrions modifier. FaxTelecom ne reçoit aucune télécopie : impossible, donc, de l’utiliser pour recueillir des résultats ou des prescriptions.

Avant la transmission, deux étapes laissent le temps de se reprendre : la confirmation par e-mail, puis un compte à rebours d’environ 55 secondes pendant lequel l’envoi peut être annulé. Profitez-en pour relire le numéro. Pour des échanges réguliers entre soignants, la bonne réponse reste l’eHealthBox.

Questions fréquentes

Puis-je, en tant que patient, envoyer mon dossier par fax à l’hôpital ?
Oui. Ce sont vos propres données : le fax est un choix possible si le service l’accepte. Faites confirmer le numéro par ce service et joignez une page de garde avec vos coordonnées, pour être rappelé si une pièce manque.
La loi belge interdit-elle de télécopier des données médicales ?
Aucun texte belge ou européen ne l’interdit expressément. Le RGPD exige toutefois une sécurité adaptée au risque, ce qui rend le fax discutable pour un usage habituel. Les recommandations à jour sont publiées par l’Autorité de protection des données.
Que faire si un document médical part au mauvais numéro ?
Contactez sans attendre le destinataire pour demander la destruction des pages, consignez l’incident et évaluez s’il doit être notifié à l’APD dans les 72 heures. Notre page consacrée aux télécopies mal adressées détaille la démarche.